Tassiba Sadiaya : la réussite malgré l’échec scolaire

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Les jeunes sortant du cursus scolaire sans diplôme sont beaucoup plus exposés au risque de chômage. Bien souvent, ils occupent des postes d’ouvriers ou d’employés dans des petites entreprises. Il s’agit d’emplois précaires. Mais, l’échec scolaire peut ne pas être synonyme de précarité. L’histoire de Tassiba Sadiaya nous le prouve. Orpheline de père, elle a dû abandonner les bancs après avoir échoué au BEPC. Mais, quelques années plus tard, cette jeune femme pleine de vie a réussi à s’autonomiser. Son secret ? Le produit Accès des Pauvres aux Services Financiers (APSEF) du Fonds National de la Finance Inclusive (FNFI).

Tous les parents concernés peuvent en témoigner, l’échec scolaire est un enfer. Le tableau est exagéré ? A peine. Des résultats insuffisants pendant son année de troisième, soldés par un échec à l’examen du Brevet. Tassiba Sadiaya raconte : « je suis orpheline de père et c’est difficilement que ma mère assurait les frais de scolarité et tout le reste. Je savais que je n’ai pas droit à l’erreur. Malheureusement, j’ai échoué ». Si cet examen n’est pas un sésame pour une vie active réussie, il permet au moins d’accéder au second cycle du secondaire et de pouvoir choisir son orientation.

Après cet échec, elle se fixe de nouveaux objectifs, élargit son horizon et s’ouvre à de nouveaux projets. Elle décide d’investir son temps et l’énergie dont elle dispose pour aider sa tante qui est commerçante dans le marché d’Atakpamé. « La meilleure façon de faire face à cette déception que je ressentais est de me donner dans des activités extrascolaires. Comme ma tante est commerçante au marché et avait besoin d’aides, je me suis proposée, et elle a accepté ». L’idée de Tassiba Sadiaya était surtout d’être utile, de retrouver de la joie. Mais finalement, cette expérience pratique a permis à Sadiaya de découvrir le monde des Activités Génératrices de Revenus (AGR) et de développer sa capacité d’insertion dans la vie active.

En 2016, elle émet pour la première fois l’idée de quitter sa tante pour lancer une AGR. Avec l’aide de cette dernière, Sadiaya achète des fripes qu’elle revend dans sa rue à des amies. Puis, petit à petit, elle réussit à se faire connaitre dans la ville. « Je faisais le tour de la ville 3 fois par semaine. Non seulement, j’ai pu me nourrir grâce à cette activité, mais j’ai épargné aussi ». Plus tard, vers la fin de l’année 2016, elle entend parler des produits FNFI lors d’une séance de sensibilisation organisée par une institution de microfinance. Elle fait les démarches nécessaires et obtient en mars 2017 son premier crédit APSEF.  Elle explique : « Le crédit APSEF m’a permis d’acheter mes premiers vêtements Prêt-à-porter pour la revente. Et ça a marché. ». Et elle ajoute : « aujourd’hui je me promène plus. J’ai une baraque et mes clients viennent pour faire les achats ».

Célibataire sans enfants, sa priorité, c’est la scolarité de ses petits frères. « J’aimerais que mes frères finissement au moins le secondaire. Je m’occupe donc des fournitures à chaque rentrée scolaire », affirme-t-elle.

L’histoire de Tassiba Sadiaya prouve encore que la lutte contre la pauvreté est au cœur de l’inclusion financière. Faute d’aptitudes, les jeunes déscolarisés ne pourront avoir accès à des emplois décents dans des métiers attirants, ce qui peut se traduire par l’insuffisance et la précarité de leurs revenus. Pire, les effets pervers de leur manque d’instruction se feront également sentir sur la génération suivante, car ils ne pourront pas offrir des conditions favorables à leurs propres enfants du fait de leur propre instabilité économique. Heureusement qu’au Togo, l’inclusion financière est une réalité.

Grace au FNFI, et à d’autres mécanismes mis en place par le gouvernement, ces jeunes peuvent démarrer une activité, s’autonomiser et réussir. Et le Togo ne compte pas s’en arrêter en si bon chemin. Avec la nouvelle stratégie d’inclusion financière, le pays a formulé un objectif global d’accès universel aux services financiers de base. L’atteinte de cet objectif sera une étape majeure vers un Togo où chacun aura accès aux services financiers dont il a besoin pour se saisir des opportunités.

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