AJSEF et AGRISEF

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp

Le Président de la République Togolaise, SEM Faure Essozimna Gnassingbé, a  lancé ce Lundi à Lomé les deux nouveaux produits du Fonds National de la Finance Inclusive, notamment le Produit ‘’Accès des Jeunes aux Services Financiers (AJSEF) et ‘’Accès des Agriculteurs aux Services Financiers’’ (AGRISEF).

‘’AJSEF’’ a pour but de permettre l’accès à 20.000 jeunes en fin d’apprentissage et jeunes diplômés sans emploi ayant la volonté de se prendre en charge, de participer à l’inclusion financière. Les bénéficiaires sont des jeunes d’un âge compris entre 18 et 40 ans, être en fin d’apprentissage ou jeune diplômé sans emploi ayant envie de se prendre en charge à travers l’auto emploi. Le montant maximum  du crédit AJSE est de 300 000 FCFA remboursable sur une période maximale de 12 mois. Le taux d’intérêt constant est de 8%.

Le crédit ‘’AGRISEF’’ quant à lui est destiné à renforcer le dispositif national de financement des activités agricoles en développant des mécanismes appropriés et durables afin de permettre à un grand nombre de petits exploitants d’accéder aux produits et services financiers répondant à leurs besoins. Il cible les petits acteurs du monde agricole, notamment les exploitants, éleveurs (aviculture, ovins, caprins, pisciculture…) et pécheurs ainsi que les producteurs organisés en coopératives. Le crédit AGRISEF est un montant maximum 100.000 FCFA. La périodicité de remboursement  est de 1 à 3 échéances en fonction du type d’exploitations contre un taux d’intérêt annuel  de 8% linéaire.

Avant le lancement de ces deux nouveaux produits, le FNFI a dressé le bilan de son premier produit ‘’Accès des Pauvres aux Services Financiers’’ qui au 31 Décembre à fait 331.021 bénéficiaires sur l’ensemble des cinq régions du pays.

Pour assurer la mise en route désormais des trois produits du FNFI, 8 nouvelles institutions de microfinance ont été cooptées pour soutenir les 18 premières, ce qui porte à 26 les institutions de microfinance désormais partenaires du FNFI. Les huit nouvelles sont : SEBADERS, COOPEC GRACE PLUS, SPEC/OIC, FECECAV, PADES MICROFINANCE, MGPCC DEKAWOWO, COOPECFI, et MILLENIUM MICROFINANCE.

Précisons que 330.000 nouvelles personnes doivent être touchées par les trois produits du FNFI cette année 2015 à raison de 250.000 nouveaux APSEF, 20.000 crédits Jeunes et 60.000 Crédits Agricoles.

Deux nouveaux produits pour lesquels le FNFI espère autant de résultats et d’engouement que l’APSEF. L’adhésion massive des agriculteurs et des jeunes à ces deux nouveaux produits et la capacité du Togo à mobiliser les ressources escomptées sont autant de surfaces emblavées par la finance inclusive.

En marge de cette cérémonie, des conventions de partenariat et de performance,  66 motos et 66 ordinateurs portables ont été remis, au titre d’Appui Institutionnel et logistique, aux 26 institutions de microfinance partenaires du FNFI.

Kevin Dassa.

 

Voici en intégralité le discours prononcé par le ministre du Développement à la Base à l’occasion de la cérémonie.

 

(…) L’honneur m’échoit en ce moment solennel de prendre la parole, d’abord pour exprimer toute ma reconnaissance à nos vaillantes populations pour cette grande mobilisation qui témoigne de leur  engagement à œuvrer pour mettre en œuvre la belle vision du chef de l’Etat en matière de développement à la base.

Ce jour est rendu possible grâce à la vision, à l’action et à la détermination du Président de la République, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbe, qui a initié ce précieux outil qu’est le Fonds National de la Finance Inclusive et qui lui a permis de disposer des moyens nécessaires pour réaliser le noble objectif de contribuer de manière déterminante à lutter contre l’exclusion financière et sociale.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais dans la suite de mon propos, rendre compte sommairement du bilan du produit APSEF pour l’année 2014. Le premier produit financier du Fonds National de la Finance Inclusive, en effet, a été lancé le 26 avril 2014 à Lomé par le Chef de l’Etat. Ce produit qui est dénommé APSEF (Accès des Pauvres aux Services Financiers) comporte trois dimensions : un microcrédit, des possibilités d’épargne, et un volet éducation financière.

Le microcrédit APSEF est un crédit sans épargne préalable, d’un montant maximum de 30.000 FCFA destiné donc aux personnes les plus économiquement vulnérables mais potentiellement actives. Les femmes et les hommes ont accès à ce crédit en groupes solidaires de 4 à 6 personnes, l’utilisation du crédit pouvant être individuelle. La durée de remboursement est de 6 mois. Le produit comporte deux cycles de 30.000 FCFA puis deux cycles de 50.000 FCFA pour chaque bénéficiaire qui pourra ensuite rejoindre de manière classique une institution de microfinance.

L’épargne a deux volets ; un volet stratégique constitué par une ristourne sur le compte du groupe solidaire, une ristourne de 3 points sur les 5 à payer comme intérêt ; un volet volontaire où l’IMF encourage le bénéficiaire à la pratique de l’épargne.

L’éducation a aussi deux volets, une éducation entrepreneuriale qui forme le bénéficiaire sur la gestion de son AGR et une éducation financière qui lui apprend à mieux gérer et rembourser son crédit.

Mais la révolution dans ce produit est sans doute son coût raisonnable pour le pauvre. Les Institutions de Microfinance ont accepté que de manière exceptionnelle, le taux de ce crédit pour les deux premiers cycles soit de 5% annuel avant de passer pour le 3 et 4 e cycle à 8%.

Mesdames, Messieurs,

 

Le FNFI opère sur la base du principe cardinal du faire-faire. Ce sont donc les institutions de microfinance qui sont les prestataires de services financiers du FNFI. La sélection des Prestataires de Services Financiers (PSF) a été faite par Appel d’Offres Public et Ouvert. La bonne gouvernance, la viabilité, l’installation légale des Institutions de Microfinance et leurs zones de couverture sont des critères qui ont abouti à la sélection des dix-huit (18) premiers PSF partenaires pour la mise en œuvre du produit APSEF.

 

Pour matérialiser le partenariat, une convention retraçant les caractéristiques du produit APSEF, le quota  affecté et les obligations de chaque partie est signée avec chaque PSF. Chaque PSF a bénéficié d’un appui institutionnel suivant le quota attribué : des ordinateurs, des motos et des véhicules ont donc été affectés. Des volontaires ont été également affectés à chaque PSF pour renforcer l’effectif à déployer pour la mise en œuvre du produit. Les quotas par préfectures sont déterminés sur la base de la carte de pauvreté du pays.

 

Les personnes désireuses de bénéficier du produit APSEF s’inscrivent auprès des IMF partenaires de leur choix où elles suivent une formation en éducation financière et entrepreneuriale et sur la notion de caution solidaire des membres d’un groupe. Cette formation qui s’étale sur une période de trois (03) à quatre (04) semaines est transversale aux quatre (04) cycles du produit.

Les PSF envoient les listes nominatives des personnes à financer par préfectures et par localités. La Direction Générale du FNFI, après étude itérative et analyse minutieuse et professionnelle des requêtes de financement introduites par les PSF, met à leur disposition 80% des montants sollicités, les 20% restant constituant l’apport des PSF.

La mise en œuvre du produit fait l’objet d’un suivi opérationnel du FNFI avec la production régulière des états statistiques mensuels.

Excellence Monsieur le Président de la République

Mesdames, Messieurs

 

Au 31 décembre 2014, 331 021 personnes provenant de 100% des préfectures et de 75% des cantons du pays ont pu bénéficier du produit APSEF. Rappelons que les objectifs 2014 étaient de toucher en 12 mois 300.000 personnes et que les 331.021 togolaises et togolais ont été touchés en moins de 7 mois.

 

La déclinaison de ces 331 mille personnes au niveau régional est la suivante :

  • Région des Savanes : 57 940 personnes soit 100,35% du quota prévu ;
  • Région de la Kara : 51 117 personnes soit 95,65% du quota prévu ;
  • Région Centrale : 43 141 personnes soit 99,90% du quota prévu
  • Région des Plateaux : 61 585 personnes soit 87% du quota prévu
  • Région maritime et Commune de Lomé : 117 238 personnes soit 148,76% du quota prévu

Les tournées d’appui à la mise en œuvre du produit que j’ai eu l’honneur de conduire avec la Direction Générale du FNFI dans toutes les préfectures du Togo, les missions régulières de suivi sur le terrain, ont permis de faire les constats suivants :

 

  1. APSEF est un produit bien implanté dans la population qui manifeste une véritable adhésion et un enthousiasme certain.

 

  1. La mise en œuvre de ce produit a permis de toucher l’ensemble des préfectures en relation avec la carte de pauvreté et les chiffres de pauvreté indiqués par les statistiques nationales, chiffres qui ont servi de base à la définition des quotas par préfecture ;

 

  1. Les femmes sont, très largement à plus de 90%, les premières bénéficiaires du produit APSEF. La pauvreté touchant le plus les femmes, elles ont été les premières à s’approprier le produit et à s’organiser pour y avoir accès ;

 

  1. Contrairement à ce que l’on entend parfois à Lomé et dans certaines grosses agglomérations, le montant maximum de 30.000 FCFA pour le premier crédit, couplé avec un taux attractif de 5% et un accès sans épargne préalable donnent pleinement satisfaction à une grande majorité des bénéficiaires. Surtout que dans sa stratégie de progression, le produit APSEF prévoit au 3e cycle de passer à un montant de 50.000 FCFA ;

 

  1. La plupart des bénéficiaires utilisent le crédit pour de petites activités génératrices de revenus, spécialement le petit commerce et la petite transformation. Quelques bénéficiaires l’utilisent tout de même pour de petites activités agricoles à cycle court.

 

  1. Une stratégie de sensibilisation et de veille communicationnelle a été mise en œuvre pour donner sur le terrain le vrai et beau message du FNFI mais aussi pour contrer l’action malveillante de quelques personnes ou structures mal intentionnées et qui se sont parfois présentées aux populations comme émissaires du FNFI et qui dissuadaient les populations de participer au produit APSEF ou pire de prendre le crédit et de ne pas le rembourser. C’est le lieu de rappeler que les crédits du FNFI ne sont pas des cadeaux mais des concours à rembourser et qui doivent aider les populations à générer des revenus pour l’amélioration de leurs conditions de vie.

 

Mesdames, Messieurs

 

Pour l’exercice 2014, le FNFI a bénéficié d’une dotation de l’Etat de 4 milliards et d’un financement de la BOAD de 5 milliards décaissé à pratiquement 4 milliards. Au total, le FNFI a mis à la disposition des PSF partenaires des fonds de crédit de 7 580 852 000.

 

Le taux de remboursement des bénéficiaires est de l’ordre de 95% en moyenne pour l’ensemble des PSF. Le montant total des remboursements effectués par les PSF au profit du FNFI dépasse les 3 milliards de FCFA ce qui montre l’efficacité du suivi du produit sur le terrain et dénote d’une intermédiation forte et viable. Une grande partie des remboursements est réaffectée à l’octroi des crédits, accroissant l’effet revolving et le niveau global de portefeuille.

Mesdames, Messieurs,

 

La mise en œuvre de ce produit qui est à ces débuts, a rencontré quelques difficultés qui sont résorbées au fur et à mesure de leur survenue.

 

  1. Pour 2014, le quota prévu était de 300.000. Mais l’adhésion que le produit a suscitée dans les coins les plus reculés du pays va au-delà de cette estimation. Malgré leurs efforts réels, les institutions de microfinance n’ont pas toujours réussi à aller encore dans tous les villages du pays. C’est une réalité. Cependant, avec l’instauration d’une rencontre régionale des institutions de microfinance partenaires, un travail de fond se fait pour améliorer la portée et la profondeur en termes d’inclusion en vue, progressivement d’atteindre tous les milieux.

 

  1. Dans la mise en œuvre de ce produit, quelques dysfonctionnements ont été constatés ici et là par exemple dans la collecte des droits d’adhésion par certains PSF. Ces dysfonctionnements souvent arrivés à un niveau local ont été corrigés par les institutions elles-mêmes, par leurs structures faîtières, parfois avec le concours des responsables administratifs ou traditionnels ou de la Direction Générale du FNFI.

 

  1. Dans certains cas, il a été observé que les procédures d’accès ont paru longues à certains candidats au crédit, il faut noter que la formation initiale est obligatoire avant accès au financement. Parfois il y a eu quelques situations où les délais d’attente ont été importants pour les populations. Par rapport à de tels cas, des mesures sont prises pour accélérer, dans le respect des bonnes pratiques, l’accès au crédit.

 

Excellence Monsieur le Président de la République

Monsieur le Premier Ministre

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale

Mesdames, Messieurs

 

Je voudrais, avant de clore mon propos, vous rendre compte que le deuxième cycle APSEF a déjà commencé dans les PSF et de nouveaux bénéficiaires APSEF sont en formation intense actuellement dans toutes les localités du pays et certains ont déjà reçu les crédits au titre de cette nouvelle année. Près d’un milliard de crédit APSEF ont été déjà mis en place cette année au profit de près de 40.000 personnes si on prend en compte les préfinancements effectués par certains PSF. 8 nouveaux PSF ont été retenus à l’issue du processus d’appel à candidature, ce qui porte le nombre d’IMF partenaires à 26 pour cette année 2015.

 

Je remercie une fois encore le Chef de l’Etat pour cette grande vision du FNFI et je vous remercie pour votre aimable attention.

 

Je vous remercie.

 

Laissez vos commentaires