Bienvenue chez KISSAO Essodeke, détentrice d’un prêt-à-porter de revente de pagnes et de vêtements à Kara

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KARA, Togo – Le père de KISSAO Essodeke est mort quand elle avait 1 an. Lorsque sa mère s’est remariée et a déménagé dans un autre village, Essodeke a été élevée successivement par plusieurs membres de sa famille paternelle. Dans leur petit village, elle a dû faire face à des difficultés financières toute son enfance. Ainsi, malgré son rêve de finir ses études, sa tante a refusé de financer ses deux dernières années du premier cycle secondaire. « Les filles doivent se marier tôt ou tard, c’est gaspiller de l’argent de les envoyer à l’école », lui a-t-elle dit.

Cette expérience n’a fait que renforcer un autre des rêves de KISSAO Essodeke : celui de lancer une Activité Génératrice de Revenus pour acquérir l’indépendance financière. Cela l’a conduite à devenir très rapidement couturière et afin d’épargner pour lancer un commerce. Mais son plan n’a fonctionné comme prévu. C’est finalement grâce au produit Accès des Pauvres aux Services Financiers APSEF du Fonds National de la Finance Inclusive FNFI qu’elle devient commerçante de pagnes. Retour sur son histoire dans ce numéro de votre rubrique Echos des Bénéficiaires

En tant que filles, elles ont toutes été élevées dans l’idée que tout serait possible et qu’aucune barrière ne serait insurmontable. De nombreuses femmes constatent pourtant que la réalité est assez différente. Surtout quand vous avez la malchance d’être orpheline de père à l’âge d’un an comme KISSAO Essodeke. « Je tenais à obtenir l’éducation dont j’ai besoin, au moins finir le secondaire et avoir mon baccalauréat. Malheureusement j’ai dû quitter les bancs en 4e » nous révèle-t-elle. Et d’ajouter : « ça a été un choc. Mais, j’ai toujours été passionnée par le commerce. Au lieu de de me décourager j’ai fait une petite formation de couture. L’idée, c’était travailler et d’avoir de l’épargne pour me lancer dans le commerce de pagnes ». Cependant, les choses ne se sont pas passées comme prévu et donc KISSAO Essodeke n’a pas pu rassembler le fonds nécessaire pour lancer son commerce de pagnes.

FNFI, la possibilité d’un nouveau départ

Terrorisée et dépressive, KISSAO Essodeke pensait avoir touché le fond lorsque sa vieille machine à coudre, un don d’une tante ne marchait plus. Elle se résout alors à vendre de petits condiments dans le marché de Kara. C’est là qu’on l’a orientée vers les produits FNFI. Elle raconte : « Dans le marché, j’ai eu une très bonne amie. C’est elle qui m’a parlé du FNFI et qu’il fallait faire un groupe de 5. Vers fin 2016, j’ai eu un premier prêt de 30 000 FCFA avec le produit APSEF, ce qui m’a permis d’acheter des pagnes de petits prix pour revendre ». Désormais, mère de 3 enfants, elle n’est plus considérée comme une personne représentant un fardeau, mais comme une jeune femme autonome, qui contribue au foyer. « Le FNFI m’a aidée à devenir financièrement indépendante, ce qui me permet d’exercer ma liberté de choix », se réjouit -elle.

Cette orpheline à qui la nature n’a pas fait de cadeaux vend plus que des pagnes désormais. Elle a ouvert un prêt à porter en plein cœur de KARA dans lequel elle revend des pagnes mais aussi des vêtements pour hommes et femmes, des sacs, des chaussures et d’autres articles. Bénéficiaire en fin des cycles des produits FNFI, elle a pu obtenir un prêt de 4 millions FCFA avec le produit Nkodédé pour se lancer dans la revente de pagnes en gros. « Avec Nkodédé, j’ai désormais la capacité d’avoir du stock pour vendre des pagnes en gros à de modestes revendeuses de Kara », nous confie-t-elle. Et quand on lui demande son bénéfice net par mois, elle sourit fièrement et elle répond : « lorsque ça marche bien, je peux avoir bénéfice net de 300 mille FCFA par mois ».

Le capital humain est l’un des plus grands atouts dont un pays dispose. Mais, il requiert que le couple, surtout la femme au foyer soit autonome pour investir dans la santé et l’éducation de ses enfants. Les contributions économiques des femmes à la scolarisation plus longue des enfants peuvent transformer les performances économiques d’un pays. Œuvrer pour l’autonomisation des femmes n’est donc pas seulement juste, c’est économiquement judicieux. Des jeunes femmes courageuses, comme KISSAO Essodeke, qui s’est autonomisée et s’occupe de la scolarité de ses enfants, nous font espérer que la prochaine génération fera entendre sa voix énergiquement. Le FNFI et d’autres mécanismes de financements mis en place par le gouvernement Togolais sont là pour leur en donner les moyens. KISSAO Essodeke s’est même fixée un objectif pour ses enfants : « Il faut que je veille à ce que mes enfants soient scolarisés pour qu’ils puissent avoir la chance de faire leurs propres choix dans la vie. »

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