Dans ce nouveau numéro de votre rubrique ‘’ Echos des bénéficiaires des Produits FNFI, Togo Matin, nous conduit dans la Région des Savanes pour partager les témoignages d’une bénéficiaire du Produit ‘’Accès des Pauvres aux Services Financiers’’ (APSEF).

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Dapaong, Zone de fortes activités agricoles et commerciales. 40 Km plus au l’est, une plaque indique Naki Est, une des localités les plus pauvres du Togo, selon le Système des Nations Unies. Tout au long d’une piste quelque peu cahoteuse, bordée d’herbes géantes, des femmes font des navettes à pieds, dans les deux sens, le pagne noué à la taille, fagot de bois ou bassine sur la tête. Direction, le champ, ou encore le marigot situé souvent à quelques dizaines de km.

A mi-chemin, une route non bitumée indique Nakigata. Ici les habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins d’un dollar par jour. Mais la dure réalité dans ce coin perdu est que même les billets et les pièces d’argent sont rares, le troc reste le principal moyen de commerce.

Seul Dieu sait, comme l’indique son prénom, Kohan Yendouban, cette veuve de 50 ans sait comment faire pour survivre avec ses 6 enfants. ‘’Seul Dieu m’aide, sinon voilà tout ce que je faisais’’, en désignant son étalage de boisson locale pimentée ‘’Dibali’’. Un activité jadis sporadique, pas de grands revenus, et donc pas de quoi sortir de son état de pauvreté, et souvent pas de quoi même s’acheter un pain de savon pour laver son linge.

Mais aujourd’hui, Kohan Yendouban a de quoi s’acheter son propre savon mais en faire également un commerce. Ceci a la faveur du microcrédit APSEF qu’elle a reçu du Fonds National de la Finance Inclusive. Un crédit de 30.000 FCFA, environ 60 dollars, un prêt devant lui permettre par ailleurs de relancer son activité de production de boisson locale pimentée. C’est la première fois qu’autant d’argent circule dans les mains de notre interlocutrice, aucun membre de son groupe solidaire n’avait jamais vu autant d’argent non plus.

‘’ Je mets 200 FCFA chaque jour dans deux tirelires distinctes. Ce qui me fait en réalité 12 000 FCFA chaque mois. Ceci me permet de disposer des économies et de pouvoir rembourser mon crédit dans les délais. Malgré le fait que sois analphabète, je peux vous assurer que je sais gérer mon activité. Mes enfants ont été renvoyés du collège l’année dernière, faute de payement à temps des frais de scolarité. Mais déjà, cette année, j’ai payé la totalité des frais de scolarité en début d’année. Si mon business ne marchait pas, je n’allais pas payer de sitôt. A part le fait que j’ai pu relancer mes activités avec le microcrédit APSEF, tout est désormais propre autour de moi. Je peux dire que le FNFI a nettoyé ma pauvreté.’’

Jusqu’en 2008, on ne prête toujours qu’aux riches et aux personnes de condition modeste, les plus vulnérables restent toujours exclus des services financiers. Le Gouvernement tente alors une incursion dans le secteur de la microfinance avec un concept de développement à la base pour rapprocher davantage les services financiers des groupes les plus vulnérables, une première tentative qui ne parvient qu’à toucher qu’une infirme partie des besoins, aujourd’hui avec le FNFI l’Etat veut mettre les petits plats dans les grands.

’La mise en route du FNFI, vient repousser définitivement les frontières de l’exclusion financière et sociale. J’en suis une preuve vivante. Je suis sorti de ma situation de précarité grâce au FNFI. Aujourd’hui je suis financièrement autonome et mieux insérée sur le plan social’’, confie Yendouban.

Depuis 2014, les différents témoignages des bénéficiaires du FNFI, ainsi que l’impact induit par cet instrument financier sur la vie de milliers de bénéficiaires nous confirment que le FNFI est durablement ancré parmi les puissants outils de lutte contre la pauvreté dans notre pays.

Le FNFI doit maintenir le cap, en mettant en œuvre des stratégies pour que tous les villages de notre pays aient accès aux mécanismes de financement inclusifs.

KD

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