De la vulnérabilité à la résilience : parcours de MOUSTAPHA Akanke Rawliata

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Les résultats présentés dans le rapport 2016 de la Banque mondiale, Poverty in a Rising Africa, montrent que les veuves font généralement partie des catégories les plus pauvres et les plus vulnérables. Pourtant, même si le veuvage a probablement d’importantes répercussions sur la vie des femmes, force est de constater qu’au Togo, elles sont nombreuses ces dernières années à pouvoir s’en sortir et à réussir à avoir de meilleures conditions de vie. D’abord, parce que le pays mise sur les filets de protection sociale. Et ensuite, l’inclusion financière est une réalité au Togo avec le FNFI. Ces femmes n’hésitent pas à faire le pas pour bénéficier des produits du fonds. Détentrice d’une boutique d’Alimentation Générale à Lomé, c’est avec le Produit d’Accès à la Formalisation PAF que dame MOUSTAPHA Akanke Rawliata, veuve et mère de 3 enfants a renforcé son activité commerciale.

L’expérience du veuvage est très différente selon que l’on est un homme ou une femme. Chez la femme, le choc du veuvage entraîne la perte de ressources économiques associées au mariage. D’après la Banque Mondiale, statistiques à l’appui, les ménages les plus pauvres sont souvent dirigés par une veuve. Mais, il faut se méfier des chiffres dont on dit trop souvent qu’ils « parlent d’eux-mêmes ». Après le décès de son mari, MOUSTAPHA Akanke Rawliata, a certes connu des moments difficiles, mas ne vit pas dans la précarité.

L’esprit d’entreprise et l’art du commerce représentent deux traits caractéristiques de de la famille de Rawliata. Forte de ce capital fondé sur la performance économique, elle était déjà sur les bancs, partagée entre la poursuite de longues études et la reprise des affaires de ses parents. Elle quitte finalement l’école en classe de Première et se lance dans le commerce. « Je suis née dans une famille de commerçantes. De ma grand-mère à ma mère en passant par plusieurs tantes. Moi-même, j’étais passionnée par l’entrepreneuriat. En classe de première, j’ai donc dit à mon père que je vais abandonner et démarrer un commerce » affirme—elle. Et d’ajouter : « finalement, j’ai d’abord ouvert une petite cafétéria devant notre domicile, après j’ai enchainé avec un bar de proximité ».

Puis Rawliata tombe enceinte et se marie. Après l’accouchement, avec l’aide de son mari et avec un capital de départ de 150 000 FCFA, elle se lance dans l’Alimentation Générale. Pour remplir sa boutique elle faisait des prêts. Une expérience amère qu’elle n’est pas prête d’oublier. « Je vous assure, à cette époque-là, là où je faisais mes prêts, les taux d’intérêts étaient exorbitants, mais je n’avais pas le choix » avoue-t-elle. Après le décès de son mari son activité connait un ralentissement. Elle n’est pas que veuve, elle est aussi devenue chef de famille. Sa vie aurait pu basculer. Mais elle n’abdique pas et reprend timidement son commerce. Le choix Rawliata en est la meilleure illustration de la résilience de la femme Togolaise.

Après quelques mois, elle se rend compte que les revenus n’étaient pas satisfaisants, et qu’elle doit absolument agrandir et moderniser sa boutique. Elle explique : « Je ne suis la seule dans ce domaine dans la rue. Il y a de la concurrence. Donc les clients préférèrent aller vers les boutiques qui ont des étagères bien remplies et très garnies. Il me fallait donc de l’argent ». C’est ainsi qu’elle se met à la recherche de fonds. Par l’entremise d’un ami entrepreneur, elle découvrit le Produit d’Accès à la Formalisation PAF du FNFI.

Lancé en mars 2019, le PAF est destiné aux bénéficiaires AJSEF en fin de cycle et aux autres jeunes promoteurs régulièrement installés exerçant une Activité Génératrice de Revenus. Les bénéficiaires peuvent avoir jusqu’à 500 000 FCFA pour le cycle 1 et 600 000 FCFA pour le cycle 2. Avec le PAF, Rawliata redonne un second souffle à sa boutique d’Alimentation Générale. « Aujourd’hui, par mois mon chiffre d’affaires tourne autour d’1 500 000 FCFA et mon bénéfice net 150 000 FCFA » révèle-t-elle.

Favoriser l’autonomisation des femmes, c’est donner à ces dernières la possibilité de participer à la croissance et d’en bénéficier. L’exemple concret du FNFI en est une illustration. Le Fonds a permis à des milliers de femmes vulnérables bénéficiaires de pouvoir mener ou renforcer des activités économiques. MOUSTAPHA Akanke Rawliata exprime clairement son attachement à son commerce par cette phrase qui revient régulièrement dans les entretiens et interviews avec les bénéficiaires : « mon premier mari, c’est mon commerce ». Et elle conclue : « j’avais d’autres possibilités pour avoir du financement. Mais, les caractéristiques des produits FNFI sont plus attrayantes ».

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