Echos des Bénéficiaires des produits FNFI

1208

Dans ce nouveau numéro de votre rubrique ‘’Echos des Bénéficiaires des Produits FNFI’’, votre Journal Togo Matin vous conduit dans la Région centrale pour partager avec vous les témoignages, d’une dame, la quarantaine, qui elle aussi s’est laissée emporter par la dynamique de l’inclusion financière impulsée par le Gouvernement Togolais depuis la mise en route du Fonds National de la Finance Inclusive. Bénéficiaire du tout premier produit du Fonds, le Produit Accès des Pauvres aux Services Financiers (APSEF), notre bénéficiaire raconte. Reportage…

Nous sommes ici dans la région centrale, précisément à Soutouboua, une ville réputée pour ses fortes activités commerciales. La préfecture de Soutouboua, « la rivière glissante » en Kabyè est estimée à 20 000 habitants. Parmi ses milliers d’âmes, dame Hodalo Awade, la quarantaine d’âge a une histoire bien particulière qu’elle nous raconte. Et c’est pratiquement sur le point de débuter son commerce, que notre interlocutrice marque une pause pour échanger avec nous.

‘’ Comme vous le savez, que ce soit ici dans la région centrale ou dans une autre région de notre pays, femme et homme doivent se battre quotidiennement pour pouvoir subvenir aux besoins quotidiens. Et quand quelqu’un n’a pas appris de métier c’est évidemment le petit commerce qu’il peut exercer. Personnellement, je n’ai pas appris un métier et je n’avais aucune activité fixe pour pouvoir aider mon époux à prendre soin de notre maisonnée. Ce que je faisais ponctuellement était d’aider des personnes qui avaient besoin de main d’œuvre pour telle ou telle activité. Et comme vous pouvez aisément le deviner cette façon de travailler ne peut permettre d’avoir de revenus fixes pour une autonomisation financière.’’

Une autonomie financière que depuis 2014, le FNFI à travers ses différents produits financiers ambitionne d’offrir à toutes les togolaises et togolais désireux de gagner le pari de leur devenir.

‘’ Comme on le dit souvent dans ma langue maternelle (Kabyè), c’est quand on est véritablement dans le besoin que l’on prête attention à tous les projets et programmes mis en œuvre dans notre pays et qui peuvent nous être bénéfique. J’ai commencé à me dire que je dois avoir accès à un petit microcrédit pour débuter une activité génératrice de revenus. C’est ainsi que j’ai commencé à me renseigner auprès des Institutions de Microfinance présentes dans la région pour savoir quelles étaient les formalités que je devais effectuer pour avoir un microcrédit classique pour mon activité. C’est justement à URCLEC, que par hasard, j’ai surpris un groupe de femmes en pleine activité de sensibilisation sur le produit APSEF du FNFI.  J’ai également été associée à la formation. Et ce que nous avions appris était ce que j’attendais justement depuis longtemps. Un microcrédit sans garantie préalable, un taux très bas et surtout sans épargne.’’

Cette formation suivie à l’improvise aura été très bénéfique pour notre interlocutrice qui aussitôt s’est constituée en groupe solidaire avec certaines de ses voisines, qui elles aussi avaient besoin d’avoir accès au microcrédit pour démarrer leurs activités. Une fois le groupe solidaire constitué, Hodalo et ses camarades se sont rendues vers URCLEC, une institution de microfinance partenaire du FNFI pour suivre une formation et techniques de création d’entreprise, mais aussi en gestion de crédit et remboursement du crédit.

‘’ J’avoue, que la formation que nous avons reçue a été très bénéfique pour nous, notamment comment monter une affaire, sans risque de se tromper ou sans risque de faire faillite au premier coup. La formation à durer trois jours auprès d’un prestataire de services techniques. Après cette formation, nous avons été redirigés vers l’institution de microfinance et moi j’ai reçu une première tranche de crédit de 30.000 FCFA. J’avais déjà en tête la fabrication et la vente des gâteaux. Une fois le microcrédit en main, j’ai acquis un petit coffre, acheter de la farine de blé, de la levure, de l’huile et quelques petites denrées nécessaires à a fabrication des gâteaux. C’est ainsi que j’ai débuté mon commerce. Déjà à 6 h du matin, mes gâteaux sont déjà bien chauds et prêts pour la vente. Les revendeuses de bouillie du quartier viennent en chercher pour accompagner la vente de la bouillie. Je vends également aux passants. Et à 10 heures chaque jour, je circule en ville avec le reste pour être sûr de tout écouler avant la mi-journée.’’

Véritable bouffée d’oxygène pour celle-là qui il y a quelques années encore travaillait pour d’autres personnes pour pouvoir survivre. Aujourd’hui, elle gère elle-même son petit commerce et est heureuse de son activité.

‘’ j’ai très vite rentabiliser mon premier cycle de crédit avec la vente de mes gâteaux et j’ai fini même par rembourser la totalité du crédit avant la date échue. Très vite j’ai obtenu la seconde tranche de crédit cette fois d’un montant de 40.000 FCFA. Cet argent m’a permis d’acheter en quantité la farine de blé et de produire en quantité les gâteaux. Car je me suis rendu compte qu’au fil du temps mon offre était insuffisante pour satisfaire la demande qui augmentait souvent. Désormais, je me sens insérée dans le tissu social, car je vis et j’exerce une activité qui me permet de me nourrir, de me soigner, et d’aider mon mari dans les charges quotidiennes de notre maisonnée. Grace au FNFI j’ai obtenu mon autonomie financière et je suis plus épanoui. Je prends d’ores et déjà des dispositions pour rapidement rembourser dans les délais cette seconde trance de crédit afin d’avoir également accès aux autres cycles de crédit. Mon ambition est progressivement de diversifier mon activité avec la vente de la bouillie, du sucre, des baguettes d’arachides et d’autres produits à forte consommation rapide. Mon activité me permet de pouvoir, après remboursement de mon crédit, de disposer d’u peu d’épargne pour face aux différents évènements qui peuvent subvenir dans la vie’’.

En somme, les témoignages de Dame Hodalo et ceux de plusieurs autres milliers de bénéficiaires confirment bien que le FNFI maintient le cap de l’inclusion financière des populations, notamment en favorisant l’accès des pauvres aux services financiers pour le démarrage ou la consolidation d’une activité génératrice de revenus.

KD