Echos des bénéficiaires des produits FNFI

2910

Dans ce nouveau numéro de votre rubrique quotidienne ‘’Echos des Bénéficiaires des Produits FNFI’’, votre Journal Togo Matin vous conduit à Zanguéra, dans la Région Maritime pour partager les riches témoignages d’un conducteur de taxi moto qui s’est reconverti dans l’entrepreneuriat grâce au produit ‘’Accès des Jeunes aux Services Financiers’’ (AJSEF) du Fonds National de la Finance Inclusive.

Non loin du poste de péage de Zanguéra, nous empruntons une piste de près de 2 km, pour arriver à Zanguera klémé. Ici, dans un atelier de 24 m2, Komi Adabra, autrefois conducteur de taxi moto, la quarantaine, s’est installé avec son arsenal de ferrailleur. Visiblement rompu à la tâche avec une satisfaction à peine contrôlée, Komi nous accueille, un chalumeau à la main, en nous disant qu’il est en train de finir la commande d’un client à qui il doit livrer en fin d’après-midi.

‘’ Je ne suis pas allé très loin dans les études. Et pour subvenir à mes petits besoins, très tôt, j’ai pu obtenir une moto pour me lancer dans le métier de conducteur de taxi moto. Mais, comme vous le savez, dans ce métier, si la moto n’est pas à toi et que tu dois quotidiennement reverser toutes tes recettes au propriétaire de la moto, il est clair que toi-même tu n’auras pas de grands bénéfices. Mais entre temps, j’ai appris le métier de ferrailleur et j’ai même obtenu mon Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP). Courant Janvier 2017, j’ai écouté un spot radio FNFI qui parlait du produit Accès des Jeunes aux Services Financiers (AJSEF). Je me suis dit que c’était une occasion que je devais saisir pour m’installer à mon propre compte.’’

Après ces mots, notre interlocuteur nous confie qu’aujourd’hui, avec assez de recul, il se dit que la principale difficulté pour les primo entrepreneurs reste l’accessibilité au crédit, mais poursuit-il, le FNFI est venu briser la glace. ‘’ Avec quelques camarades qui eux aussi étaient dans la même situation que moi, nous nous sommes approchés de l’institution de microfinance PADES, qui nous a informé des conditions d’accès au crédit jeune. Et Dieu merci, les 4 personnes que nous étions dans le groupe solidaire étions tous éligibles. Nous avons alors suivi toutes les étapes et nous avons obtenu chacun un crédit de 300.000 FCFA pour démarrer l’exercice de nos activités.’’

Komi savait déjà quelle activité il souhaitait exercer et de quels matériels il avait besoin pour son activité avant de se lancer dans la dynamique de l’inclusion financière. Le crédit AJSEF en main, notre interlocuteur se dote d’une boite à outils lui permettant de démarrer sur le champ son métier.

‘’ J’ai pu acquérir quelques outils essentiels et m’installer dans cette petite baraque que vous voyez. Comme vous le remarquez, je suis ici dans un nouveau quartier de Zanguéra et vous imaginez bien que je suis le seul ferrailleur dans la zone. Donc pour ceux qui sont en construction dans la zone, du fait de la proximité, ils viennent commander des portes, des fenêtres… En toute modestie, je peux vous assurer que je suis plus épanoui dans ce métier que dans celui de conducteur de taxi moto. Comme quoi, on ne peut être épanoui que dans le métier que nous choisissons d’exercer avec bonne foi’’.

Au cours de nos échanges qui ont duré près d’une heure, Komi Adarba a reçu deux commandes de fabrication de porte, une preuve vivante que les activités de ce ferrailleur se passent plutôt bien. D’une voie sage et amusante, il explique à tous ses potentiels clients l’intérêt pour eux de faire confiance à son expertise, car dit-il, je suis le maitre du fer…

L’un des aspects qui garantit la pérennité des activités du FNFI c’est bien la culture des remboursements des crédits, inculqué à tous les bénéficiaires lors des différentes formations pré déblocage de crédit. Notre interlocuteur se dit être un bon élève dans le remboursement des crédits.

‘’ Je me suis organisé de telle sorte que chaque jour je fais une tontine auprès de mon institution de microfinance. Ainsi, à la fin du mois, ces ressources me permettent de payer ce que je dois payer dans le mois et comme ça je n’éprouve aucune difficulté. Encore deux échéances et j’aurai soldé totalement mon crédit. Le FNFI a renforcé mes capacités à m’affirmer, à être plus fier et sûr de moi et à être autonome.’’

Komi nourrit déjà de grandes ambitions avec le second cycle de crédit AJSEF qu’il espère avoir très bientôt. Pour lui, pas besoin de se cantonner sur son activité de ferrailleur, mais il doit se diversifier. La polyvalence est une source de revenu supplémentaire, nous confie-t-il.

‘’ Très vite, je compte faire une autre formation pour être en mesure de placer et fixer les barres et les treillis d’acier pour la réalisation d’ouvrages en béton armé. Je suis convaincu que cette formation me permettra d’être plus compétitif et de renforcer mon chiffre d’affaire.’’

Notre interlocuteur ne regrette pas sa vie passée de conducteur de taxi moto, car dit-il, cette expérience lui a permis d’être plus endurant dans la vie. Komi reste beaucoup plus serein et optimiste quant à l’évolution de ses activités grâce au coup de à lui donné par le Fonds National de la Finance Inclusive.

KD